Il est des choses que l'on ne s'explique pas. Un amour inconditionnel, incontrôlé, une pulsion, une idée, volatile... Il est aussi des choses que l'on peut tout à fait concevoir : le syncrétisme du sucre et des travaux manuels, qui donne naissance à la pâtisserie, ou encore le travail manuel et la matière, qui donne naissance à la sculpture d'objets de formes ou difformes, ou le mélange de deux textures grasses et colorées qui font gambader le pinceau joyeusement sur une toile de lin blanc, qui donne naissance à la peinture... Ce conglomérat d’explications inexpliquées, c’est l'achèvement de mes paluches à la tambouille. N.C

vendredi 26 août 2011

Le petit cours de pâtisserie marocaine de Sâadia

Hier après-midi, je suis allée rendre visite à mon ancienne voisine et amie, pour préparer les gâteaux de l'Aïd el Fitr (cette fête musulmane qui symbolise la fin du ramadan) ce fut ainsi l'occasion d'aller faire un petit tour de l'autre côté de la Méditerranée, là où les épices, le soleil et la bonne humeur sont légion. Et comme il y avait longtemps que je voulais apprendre à préparer ces délices, et qu'il est difficile de suivre les recettes d'internet, Sâadia m'a donné l'occasion de voir en direct live la préparation de ces douceurs.
Nous avons donc préparé deux sortes de gâteaux : d'abord, des Cornes de gazelles marocaines (différentes de celles d'Algérie, qui, elles, n'ont pas la même forme, et sont recouvertes de sucre glace), puis des Chebakias (mes préférés). Comme me l'expliquait mon amie, originaire d'Agadir, dans le sud ouest marocain, ces gâteaux demandent beaucoup de patience, de la dextérité, et aussi beaucoup d'ingrédients. Mes explications sont quelque peu bancales, et pour cause, je suis convaincue qu'il n'y a pas mieux que de voir de ses yeux comment on procède. Je posterai les doses exactes d'ingrédients plus tard, mais pour le moment, je peux déjà vous montrer quelques photos et la liste des ingrédients dont vous aurez besoin. (Les photos sont de piètre qualité, je m'en excuse..)

Ustensiles pour moi futiles, mais dans le cas présent bien utiles : 
Une machine à pâtes, 
Une roulette (comme pour faire les raviolis) 
Un emporte pièces à Chebakias

Les Cornes de gazelles marocaines 
You must have : 
Pour la farce-
De la pâte d'amandes nature (et faite maison si possible)
1 càs d'eau de fleur d'oranger
1/2 càc de canelle en poudre
Du beurre fondu

Pour la pâte-
De la farine
De l'eau
Un peu de beurre
 On forme de petits cigares de pâte d'amandes, (pâte d'amandes + eau de fleur d'oranger +  cannelle + beurre fondu) que l'on dépose sur une très fine couche de pâte (farine + eau + beurre). On recouvre la farce de pâte, puis on forme la corne en pressant de bas en haut, et en arrondissant la farce (C'est pas facile à expliquer à l'écrit, j'vous l'avais dit ...)
 Ensuite, lorsque la corne est formée, on la découpe à l'aide de la roulette, en laissant un petit espace d'environ 2mm au bord pour faire joli. On la badigeonne ensuite de blanc d'oeuf, et on l'enfourne 15 min à 150°C (th5)
Le produit fini, encore tout chaud sorti du four, légèrement doré, fondant et parfumé . C'est un gâteau peu sucré, comparé aux Chebakias, mais vraiment très bon !

Les Chebakias : 
You must have : 
Pour la pâte :
De la farine
Un tiers de verre à thé d'huile d'olives
Un tiers de verre à thé d'huile de tournesol
Un tiers de verre à thé de beurre doux fondu
1 càc d'anis (sous forme d'herbes séchées)
2càs de graines de sésame grillées
3/4 de mug d'eau de fleur d'oranger
4-5billes de gomme arabique
2-3 filaments de safran
1/2 sachet de levure chimique

Pour la cuisson : 
De l'huile de tournesol
1,5L de miel liquide (ou de glucose)
1/4 de mug d'eau de fleur d'oranger
Des graines de sésame grillées


LA PATE :
1- On va d'abord amalgamer farine, levure et le mélange huiles-beurre

2- On mixe ensuite très très finement le sésame, la gomme arabique et l'anis, de façon à obtenir une pâte poudreuse (ou une poudre pâteuse, haha ...)

3- On mélange cette pâte à celle à la farine, on ajoute le safran, et pour finir, l'eau de fleur d'oranger.

4- On malaxe bien cette pâte, (si possible, on la fait la veille, pour pouvoir la laisser reposer) puis on la passe à la machine à pâtes pour obtenir une pâte trèès fine.

5- On forme ensuite la base des Chebakias avec la roulette (ou mieux, avec l'emporte pièces prévu à cet effet, qu'on ne trouve, semble-t-il qu'au Maroc)  


6-Vient ensuite l'étape sans doute la plus délicate : le façonnage des Chebakias ( mon explication ne sera pas suffisante, je vous prie de bien vouloir vous faire inviter par une amie marocaine ou, à défaut, d'aller Youtuber pour vous faire une idée plus concrète de cette technique alambiquée :p ) Rassurez-vous, quand on en a fait quelques-uns, on prend le coup de main ! Donc, une fois la base formée, on obtient un carré, avec 5 lanières au milieu. On prend la première sur un doigt, on laisse la suivante sous le doigt, on prend la 3ème sur le doigt, on laisse la 4ème, et on prend la 5ème. A la fin, on se retrouve donc avec 3 lanières sur les doigts. Vous m'suivez ? (Voir photos)











Ensuite, on va prendre le côté supérieur gauche et le côté inférieur gauche du gâteau, on les pince ensemble, et tout en pinçant, on pousse la lanière de droite à l'aide du pouce, et on tire les deux autres lanières dans l'autre sens. (Bon sang, je vous conseille vraiment de Youtuber cette étape ...) 
A la fin, on obtient la forme caractéristique du Chebakia : 
LA CUISSON :
Lorsque les Chebakias sont façonnés, le reste paraît être un jeu d'enfants à côté, 
1- On fait chauffer l'huile dans une friteuse, et le miel avec la fleur d'oranger dans un autre.
récipient (en veillant à ce que le miel ne caramélise pas)

2- Lorsque l'huile est bien chaude, on y plonge autant de gâteaux que possible, et on les fait dorer

3- Lorsque c'est fait, on les replonge directement dans le bain de miel, 3 min durant en les retournant.

4- On les dépose ensuite dans une passoire, et on les saupoudre de sésame lorsqu'ils sortent du miel.

 Le produit fini, encore tout brûlant et frétillant. Un délicieux goût qui pour moi, évoque le pop-corn. Un parfum enivrant de fleur d'oranger, une texture fondante et croustillante à la fois.. C'est un pur délice. 

Cet après midi m'a vraiment beaucoup plu, j'ai pu apprendre beaucoup de choses sur la pâtisserie marocaine ainsi que sur le pays en lui même, et aussi sur la religion musulmane et ses coutumes. Je remercie donc grandement Sâadia, qui m'a envoyée au Maroc le temps d'une après-midi... Aïd Moubarak Sâadia!

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